The Identity Gap: Privacy vs Compliance.

62 % des consommateurs français déclarent être davantage enclins à utiliser l’EUDI Wallet grâce à la divulgation sélective. Ce chiffre est en réalité un indicateur de conversion — et voici ce qu’il implique pour votre stratégie d’entrée en relation.

Points clés :

  • 62 % des consommateurs sont plus enclins à utiliser le portefeuille EUDI s’il leur permet de ne partager que les données strictement nécessaires — ce chiffre monte à 74 % chez la génération Z et à 70 % chez les millennials.
  • La divulgation sélective n’est pas une fonctionnalité optionnelle : c’est un principe de conception fondamental du portefeuille EUDI, inscrit dans le règlement eIDAS 2.0.
  • Les consommateurs acceptent de partager leurs données pour des raisons de sécurité et de praticité (63 % l’acceptent pour la protection contre la fraude), mais pas à des fins commerciales (seulement 18 % l’acceptent pour le marketing ou la publicité).

Dans le premier article de la série ‘La fracture de l’identité numérique’ consacrée au portefeuille EUDI, nous révélions que 45 % des consommateurs français ont abandonné une transaction parce que le processus de vérification d’identité était trop contraignant, et que le modèle « vérifier une fois, présenter partout » du portefeuille EUDI constitue la réponse structurelle la plus crédible à ce problème. Dans ce deuxième volet, nous nous intéressons à la fonctionnalité qui fait progresser le taux d’adoption plus que toute autre dans notre jeu de données : la divulgation sélective.

Parmi toutes les conclusions du rapport de l’enquête consommateurs d’IDnow sur le portefeuille EUDI, l’une d’elles se distingue nettement. Ce n’est pas le fait que seulement un consommateur sur cinq sache ce qu’est le portefeuille EUDI, ni que près de la moitié d’entre eux aient déjà abandonné un processus de vérification d’identité. Le chiffre le plus directement exploitable de l’ensemble du jeu de données est celui-ci : lorsque les consommateurs ont appris que le portefeuille EUDI leur permettrait de prouver qu’ils ont plus de 18 ans sans révéler leur nom, leur adresse, leur date de naissance ni aucune autre information, 62 % ont déclaré être davantage enclins à l’utiliser.

Cette fonctionnalité s’appelle la divulgation sélective. La comprendre ne nécessite pas de connaissances techniques, mais suppose de saisir la valeur que les clients lui accordent, ce qu’ils redoutent, et ce qu’ils sont prêts à faire lorsque cette crainte disparaît.

Qu’est-ce que la divulgation sélective ? (en termes simples)

Pensez à la dernière fois que vous avez dû prouver votre âge en ligne. Vous avez probablement téléchargé une photo de votre passeport ou de votre permis de conduire — et avec elle, vous avez transmis votre nom, votre adresse, votre date de naissance, le numéro du document et votre photo, pour confirmer un seul fait : que vous êtes en âge de procéder.

L’organisation qui posait la question avait besoin d’une seule information. Vous en avez fourni cinq.

La divulgation sélective change la donne. Avec le portefeuille EUDI, un consommateur peut présenter une confirmation vérifiée qu’il satisfait à un critère d’âge (sous la forme d’un simple oui ou non) sans rien révéler d’autre. Ni nom. Ni adresse. Ni date de naissance. Le service obtient la réponse dont il a besoin, et le client conserve le contrôle de tout le reste.

C’est le principe au cœur du portefeuille EUDI : données minimales, confiance maximale.

Le concept paraît simple. Si ce modèle n’a pas encore existé à grande échelle, c’est parce qu’il requiert une infrastructure partagée et de confiance, ainsi qu’une attestation qu’une organisation peut vérifier sans avoir à consulter le document sous-jacent. Le portefeuille EUDI, rendu obligatoire par le règlement eIDAS 2.0 dans l’ensemble des 27 États membres de l’UE, fournit précisément cette infrastructure.

« Les données de l’enquête consommateurs sur le portefeuille EUDI montrent clairement que les consommateurs attachent de l’importance à la possibilité de transmettre des attributs à divulgation sélective pour protéger leur vie privée. Lorsque les consommateurs peuvent partager exactement ce qu’un service requiert — et rien de plus — la confiance s’installe, la conversion s’améliore et les obligations réglementaires de minimisation des données se trouvent satisfaites d’elles-mêmes. La plateforme IDnow Trust Platform est conçue pour rendre cela possible à grande échelle. »

Sebastian Elfors, Senior Architect, IDnow

Pourquoi 62 % est en réalité un taux de conversion

L’impact de 62 % lié à la divulgation sélective représente le levier d’adoption le plus puissant identifié dans notre étude. Aucun autre facteur ne fait autant progresser les intentions d’usage, et la ventilation par tranche d’âge renforce encore la pertinence commerciale de ce constat :

  • Génération Z (18–29 ans) : 74 % plus enclins à utiliser le portefeuille avec la divulgation sélective
  • Millennials (30–45 ans) : 70 %
  • Génération X (46–61 ans) : 63 %
  • Baby-boomers (62–80 ans) : 51 %

Même plus de la moitié des baby-boomers — la tranche d’âge la plus sceptique — déclarent être davantage enclins à utiliser le portefeuille si le partage minimal de données est garanti.

Ce constat adresse un message très clair aux acteurs des services financiers, avec des implications directes sur leur activité. Les consommateurs les plus sensibles à la divulgation sélective — la génération Z et les millennials — sont aussi les plus susceptibles d’abandonner un processus d’entrée en relation lorsque la vérification leur semble intrusive ou excessive. La divulgation sélective répond précisément à la raison pour laquelle ils abandonnent. Les établissements qui placent la minimisation des données au cœur de leur approche, qui conçoivent leurs parcours d’entrée en relation autour de ce principe et qui le valorisent auprès de leurs clients convertiront davantage les prospects qu’ils perdent aujourd’hui. Non pas parce qu’ils auront simplifié la vérification, mais parce qu’ils l’auront rendue plus équitable.

Ce que les consommateurs acceptent ou refusent de partager — et pourquoi cette distinction est déterminante

L’étude d’IDnow révèle également quelque chose d’important sur les conditions dans lesquelles les consommateurs sont prêts à partager leurs données personnelles — ce qui a des implications directes sur la façon dont les parcours d’entrée en relation basés sur le portefeuille doivent être conçus et présentés.

Les consommateurs sont pragmatiques. Ils acceptent de partager leurs données lorsque la finalité est claire et le bénéfice tangible. Ainsi, 63 % jugent acceptable que le portefeuille EUDI transmette leurs données à des fins de protection contre la fraude et de sécurité, et 49 % l’acceptent pour éviter des vérifications d’identité répétées.

En revanche, l’acceptabilité chute fortement dès lors que la finalité devient commerciale : seulement 17 % l’acceptent à des fins publicitaires ou marketing.

Les consommateurs partagent leurs données lorsqu’ils comprennent à quoi elles servent et lorsque le bénéfice — sécurité, praticité, réduction des frictions — leur revient directement. Ils refusent de les partager lorsque c’est l’établissement qui en tire principalement profit. C’est une nouvelle contrainte dont il faut tenir compte dans la conception des dispositifs de vérification d’identité.

« Le portefeuille EUDI ne donne pas aux établissements un accès élargi aux données de leurs clients. Il donne aux clients un contrôle accru sur ce qu’ils partagent et à quel moment. Les établissements qui conçoivent leurs intégrations en s’appuyant sur ce contrôle — plutôt qu’en le contournant — trouveront un public bien plus réceptif. »

Jonas Mendes, Product Director, IDnow Trust Platform

Le lien avec le RGPD : la minimisation des données est déjà une obligation légale

La divulgation sélective comporte une dimension réglementaire qui dépasse le cadre du portefeuille EUDI lui-même. Le RGPD impose que les données personnelles soient limitées à ce qui est nécessaire au regard des finalités du traitement. En pratique, cela signifie que collecter une date de naissance complète pour vérifier qu’un client est majeur n’est pas seulement inefficace — c’est, à proprement parler, un risque de non-conformité, dans la mesure où vous collectez davantage de données que la finalité ne l’exige.

Le modèle actuel de vérification d’identité génère ce risque à grande échelle. Chaque téléchargement de document, chaque selfie, chaque revue manuelle collecte et stocke davantage de données personnelles que la transaction concernée ne le requiert. La responsabilité cumulée en matière de données est significative — et largement invisible jusqu’à ce qu’un incident survienne.

La divulgation sélective résout ce problème de manière structurelle. Lorsqu’un client présente un attribut de portefeuille confirmant qu’il satisfait à un critère d’âge, aucune date de naissance n’est transmise, stockée ni traitée. L’obligation de conformité est satisfaite. La responsabilité en matière de données ne se constitue pas. Le principe de minimisation des données du RGPD est désormais respecté par conception, et non par politique.

Pour les équipes juridiques, conformité et protection des données, cela change la donne. Plutôt que de construire des politiques de minimisation des données a posteriori autour d’un processus de vérification qui sur-collecte par nature, la divulgation sélective fait du partage minimal la règle par défaut au moment de la collecte. La posture de conformité s’améliore non pas parce que la politique évolue, mais parce que l’architecture change.

Le portefeuille EUDI en une phrase

La divulgation sélective est la fonctionnalité qui transforme le portefeuille EUDI d’une obligation réglementaire en avantage concurrentiel. Les 62 % de consommateurs qui déclarent qu’elle les rendrait plus enclins à utiliser le portefeuille vous indiquent précisément quoi construire et comment le communiquer.

Les établissements qui placent la minimisation des données au premier plan, qui conçoivent des parcours ne sollicitant que les informations strictement nécessaires et qui rendent ce principe visible auprès de leurs clients convertiront davantage, porteront moins de responsabilité en matière de données et bâtiront le niveau de confiance qu’exige le déploiement du portefeuille EUDI. La couche Decide de la plateforme IDnow Trust Platform est construite autour de ce principe : elle permet aux établissements de ne solliciter que les attributs spécifiques requis pour chaque transaction, de présenter cette demande aux clients de façon à en rendre la finalité explicite, et de délivrer un parcours d’entrée en relation qui convertit parce qu’il respecte les données du client.

« Les données racontent une histoire claire : les consommateurs européens comprennent le problème que le portefeuille EUDI est censé résoudre, mais ils n’ont pas encore été convaincus qu’il en est la solution. Ils savent que la fraude à l’identité progresse. Ils savent que la vérification en ligne est défaillante. Ils savent que partager plus de données que nécessaire comporte un risque réel. Ce qu’ils n’ont pas encore vu, c’est une solution en laquelle ils peuvent avoir confiance — et c’est précisément le fossé que le portefeuille EUDI doit combler. »

Philippe Morel, CEO, IDnow
La fracture de l’identité numérique : vie privé vs conformité.  Pourquoi la divulgation sélective est la fonctionnalité la plus déterminante du portefeuille EUDI 1

Enquête Consommateurs sur
l’EUDI Wallet 

Ce que 1 000 consommateurs français pensent vraiment de l’EUDI Wallet, et les enseignements pour tous les acteurs qui jouent un rôle dans la confiance numérique.

[Télécharger le rapport

Dans le troisième article de la série ‘La fracture de l’Identité numérique’ consacrée au portefeuille EUDI, nous analysons les données sur les préférences en matière d’entrée en relation : 22 % des consommateurs privilégient encore la vérification en agence, 21 % refusent d’ouvrir un compte bancaire en ligne, et les portefeuilles numériques sont déjà la deuxième méthode la plus plébiscitée — alors même que 54 % des personnes interrogées n’en ont jamais entendu parler ! Voici ce que cela implique pour votre stratégie d’intégration.

FAQ sur la divulgation sélective

Qu’est-ce que la divulgation sélective dans le portefeuille EUDI ?

La divulgation sélective est la capacité à partager une information spécifique et vérifiée issue d’une attestation d’identité — par exemple, la preuve que vous avez plus de 18 ans — sans révéler le document sous-jacent ni aucune autre donnée personnelle. C’est un principe de conception fondamental du portefeuille EUDI, inscrit dans le règlement eIDAS 2.0.

Pourquoi la divulgation sélective est-elle importante pour les banques et les établissements financiers ?

La divulgation sélective répond directement à la principale raison pour laquelle les consommateurs abandonnent les processus de vérification d’identité : le sentiment d’être invités à partager davantage de données personnelles que la transaction ne le requiert. L’étude d’IDnow montre que 62 % des consommateurs sont plus enclins à utiliser le portefeuille EUDI si la divulgation sélective est disponible — ce chiffre monte à 74 % chez la génération Z et à 70 % chez les millennials. Pour les banques, il s’agit d’une opportunité de conversion mesurable.

Comment la divulgation sélective contribue-t-elle à la conformité au RGPD ?

Le principe de minimisation des données du RGPD impose que les données personnelles soient limitées à ce qui est nécessaire au regard des finalités du traitement. La divulgation sélective satisfait cette exigence par conception : seul l’attribut spécifique requis pour une transaction est transmis, sans sur-collecte de données personnelles. Cela réduit la responsabilité en matière de données et simplifie la documentation de conformité, sans nécessiter de travail politique supplémentaire.

Quelles données les consommateurs acceptent-ils de partager via le portefeuille EUDI ?

L’étude d’IDnow montre que les consommateurs sont prêts à partager leurs données lorsque la finalité est claire et le bénéfice tangible. 63 % acceptent le partage de données à des fins de protection contre la fraude, et 49 % pour éviter des vérifications d’identité répétées. En revanche, l’acceptabilité chute fortement pour les usages commerciaux : seulement 17 % l’acceptent à des fins publicitaires. Les établissements qui ne sollicitent que ce dont ils ont besoin — et qui en expliquent la raison — obtiendront de meilleurs taux de complétion.

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Le coût de la conformité : pourquoi 10 % des banques européennes ont disparu en deux ans ? 1

Jody Houton
Senior PR & Content Manag